Non ! Ne cherchez pas dans les Fables de La Fontaine!

On serait plus dans  le genre "contes et légendes" déjà testé dans cet article.

Donc après les jolies traditions de Noël, je vous présente LA coutume gourmande de Pâques (oui! j'en ai comme ça pour toutes les fêtes du calendrier) mais pas LA cloche, pas LA poule, pas LE lapin, pas L'oeuf au chocolat, non, trop banal! je vous propose l'histoire de

LA MOUNA DE CHEZ NOUS!

Notez que le " de chez nous" est in-dis-pen-sable, car si depuis quelques années l'on trouve sans difficulté ce produit "régional" en boulangerie ou en grande surface, RIEN ne vaut sa fabrication  *familiartisanale* .

D'abord le pédigrée de cette jolie brioche (mais non chéri je ne fais pas un article sur toi):

Son origine serait espagnole, Olé! (mais sans lait) et remonterait au XVI siècle (rassurez vous les miennes sont plus fraîches).

En ces temps obscurs, alors que sévissait l'inquisition  avec ses Torquemada et autres pyromanes (ardents défenseurs de la femme au foyer),  les rois d'Espagne savaient faire preuve d'indulgence envers leurs courtisans indésirables en ne les condamnant QU'A l'enfermement dans des forteresses qu'ils possédaient sur les côtes d’Afrique du Nord (un genre de CLUB MED quoi!)
La forteresse d'Oran (ma ville natale) qui nous intéresse dans le cas présent, était située sur un éperon rocheux à l'entrée de la rade de Mers-El- Kébir, petit port de pêche où l'on aime "bouffer du rosbeef". (les filles si vous suivez pas, va falloir réviser vos cours d'histoire période 2° guerre mondiale)
L' éperon abritant de nombreux singes = monos traduction espagnole, sa forteresse fût nommée Fort Lamoune par les Arabes (le son O étant prononcé OU dans leur langue)

Une fois par an, pour Pâques, les prisonniers étaient autorisés aux "visites": les familles de ces courtisans déchus, mais malgré tout chanceux (bungalow les pieds dans l'eau quand même) leur faisaient parvenir des brioches (aaaahhh! on y vient!) à travers les barreaux, en les hissant le long des hauts murs dans des paniers attachés à des cordes.

Ces brioches répondaient déjà à une sorte de "cahier des charges":

  • un parfum d'orange très prononcé (pour rappeler le pays aux pauvres prisonniers?...)
  • toujours un peu d'alcool (pour être sûr que le gâteau ne finirait pas dans des estomacs musulmans?...)
  • et une durée de conservation la plus longue possible (aucun espoir de remise de peine?...)

  Il parait que de loin tous ces petits "paniers gourmands" on pouvait les prendre pour des singes (monos) escaladant les murs...

Voyez-vous mieux maintenant le rapport  entre la brioche et le singe? (non ce n'est pas une fable d'Esope non plus)

Plus tard, les familles exilées d'Espagne et définitivement  installées à Oran  continuèrent à confectionner cette MOUNA à Pâques pour leur propre consommation.

Voilà ça c'était pour l'histoire avec un grand H, ensuite bien sûr il y a toutes les petites histoires, propres à chaque famille, avec les secrets de recette, le parfum des souvenirs et la joie du partage...

Les miennes je les ai cuites hier.

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